Jeudi 27 Juillet 2017

Cambia   -   80 habitants

 

cambia

Cambia  est située dans la pieve d'E Vallerustie, au pied du versant occidental du Monte San Petrone et en limite du Parc naturel régional de Corse, dans la haute vallée de la Casaluna.

Cambia occupe deux vallons encaissés, ceux des ruisseaux de l'Ombriato au nord, et de Sarbaio au sud, deux affluents de la rivière Casaluna.

Celle-ci délimite en grande partie son territoire à l'ouest.

Son plus haut sommet est Testa di Catarello (1 428 m), « à cheval » sur les communes de Pie- d'Orezza, Carticasi et Cambia, sur la dorsale du massif schisteux du Monte San Petrone.

Avec Punta Ventosa (1 421 m) l'autre haut sommet « à cheval » sur Pie-d'Orezza, San Lorenzo et Cambia, ils marquent les limites orientales de la commune.

Entre les deux sommets, une grotte à Bocca al Prato (1 296 m).

La Casaluna traverse la commune. Elle y reçoit les eaux des deux affluents rive droite, les ruisseaux de Sarbaio et de l'Ombriato.

Le ruisseau de Biligato prend sa source sous Testa di Catarello. Il prend en aval le nom de ruisseau de Sarbiao dont le cours passe entre le village de Cambia et Loriani son hameau.

Le ruisseau de l'Ombriato prend naissance à près de 1 150 m sur la commune sous le nom de ruisseau de Mandriolo, sous le lieu-dit éponyme.

Il sépare les hameaux de Corsoli et de San Quilico.

La commune est très boisée, habillée essentiellement de chênes verts.

Toutefois, les terrains et l'exposition de la commune en font un terroir particulièrement favorable pour la plantation de variétés de châtaigniers, qui sont célèbres dans toute la Castagniccia, pour la forte teneur en fructose de leurs fruits.

La commune de Cambia comprend plusieurs hameaux : Cambia, Corsuli, San Chirgu et Loriani.

De fait, la commune actuelle regroupe quatre villages qui constituèrent longtemps quatre entités religieuses, politiques et économiques indépendantes.

Cambia est connu pour la survivance protohistorique et historique des cultes dits "lunaires".

 

 

 

Chapelle Santa Maria

Pour la datation l'archéologue Geneviève Moracchini-Mazel écrit : « nous avons proposé de retenir que sa construction, comme celle de l'église de San Quilicu, pourrait dater des dernières années du XII ème siècle ou du XIII ème siècle et qu'elle a dû intervenir en remplacement d'une précédente chapelle préromane (remplois dans la campanile). ».

Il faut souligner (importance dépassant le cadre local) l’originalité de cette chapelle romane : « c'est le seul autel roman en place qui nous ait été conservé en Corse » (G. Moracchini-Mazel). En outre, sa forme de stazzona (dolmen) est troublante : les trois orthostates et la table lui donnent la forme dolménique classique au Sud de l'île, mais dont il ne reste aucune trace en Castagniccia. D'autant plus, que c'est le seul autel de ce type retrouvé intact, et qu'il est attesté que la chapelle a remplacé un précédent édifice préroman.

santa maria

cambia


Stantara Santa Maria

 Avec une croix gravée sur le nombril, cette statue-menhir christianisée est dressée au pied de la chapelle du même nom. Elle est l'objet de légendes notamment celle d'un pari stupide. Elle serait la statue d'une jeune fille du village pétrifiée. Pour prouver son courage, la jeune fille aussi intrépide qu'outrageante, aurait tenté une nuit d'enfoncer un bâton dans une tombe. La mort l'aurait saisie, figeant pour l'éternité l'infortunée dans la peur.

Une autre légende raconte qu'une jeune fille du village devait se rendre à minuit à la porte de l'église voisine pour défier un vampire. Un jeune homme caché à l'intérieur lui répondit. Saisie d'effroi, la jeune fille aurait été pétrifiée soudainement. La statue aurait été élevée en son souvenir. On l'appelle depuis la Sainte.

cambia

 

 Vieux couvent :

Les ruines du vieux couvent saint François sont visibles à l'arrière de la photo de la stantara. Il s'agit probablement de la chapelle, à en juger par les restes d'une voûte croisée, visibles aux quatre coins de la première pièce encore identifiable.

 couvent sentiers

 

A Petra Frisgiata

 A Petra Frisgiata est un gros rocher plat situé à proximité à la fois de la Stantara Santa Maria et de la chapelle romane Santa Maria. La Petra frisgiada I est le site d'art rupestre le plus complet de Corse (importance dépassant le cadre local) : « 595 signes ont été relevés, ce qui fait de la Petra Frisgiata I le site d'art rupestre le plus complet et par conséquent le plus fourni de l'île. » « L'étude des superpositions et de la nature des signes renvoie à plusieurs périodes, entre l'âge du fer et la période contemporaine ».

Il est remarquable que, en limite de la même pieve, (E Vallerustie), (entre les communes de Carticasi et de Bustanico), se trouve le site d'art rupestre E Schippiate qui est second de Corse pour le nombre de signes gravés. La nuance affichée par ces deux appellations (A Petra Frisgiata et E Schippiate) est, linguistiquement et historiquement, très intéressante. A Cambia, comme dans toute la pieve, d'autres rochers gravés existent dans le maquis.

Les trois monuments de Corsuli (Capella Santa Maria, Stantara Santa Maria et Petra Frisgiata di Santa Maria) ne sont pas encore inscrits en tant que MH. Noyés dans une forêt de chênes verts, ils sont facilement accessibles et bien indiqués depuis Corsoli. Des visites sont même organisées.

cambiacambia

 cambia

 

Chapelle San Chirgu

 Plus haut, tout en haut du hameau de San Chirgu, se trouve le sentier menant vers une chapelle romane datant du XIII ème siècle : la chapelle San Chirgu ou San Quilicu (Saint Cyr) ornée de décors sculptés. La chapelle a été classée Monument historique le 15 juin 1976 sous le nom de Eglise San Quilicu (locution constituée d'un surprenant mélange de français et d'italien, le tout assorti d'un "u" final pour faire couleur locale).

La tradition orale veut que les deux chapelles (qui sont à portée de voix) aient été bâties en même temps. San Chirgu par le père (qui supervisait l'ensemble des travaux), Santa Maria par le fils. Geneviève Moracchini-Mazel confirme qu'elles "ont certainement été bâties en même temps".

Ces deux chapelles à fresques ont été restaurées en 2008 - 2009 sous l'égide de la Collectivité Territoriale de Corse . Les travaux ont été cofinancés par l'État, la C.T.C et la commune.

cambia

 

Oppidum de Corsuli

 Du site du château médiéval, transformé en 1358 lors de la révolution dite de "a terra di u cumunu", il ne reste actuellement qu'une partie de la tour (incorporée depuis ces événements), dans la première maison du village. C’était le lieu de résidence du ‘’Lieu-Tenant’’, représentant les seigneurs Bianculacci, de (Ghjuvellina) au grand fief desquels, la pieve des Vallerustie appartenait. Le mont St-Blaise, promontoire significatif de cet endroit, était probablement un site religieux dont l'histoire se perd dans le passé non encore exploré de l'époque des "petre frigiate".

 

 Sépulture préhistorique de Luriani (table sur montants naturels).

Fouilles Michel-Claude Weiss

 

 L'église Santa-Catalina de Loriani

 Edifice religieux du XVIe siècle, en pierre, schiste et moellon. Dans la petite niche au-dessus du porche, se trouve la statuette de sainte Catherine la sainte patronne.

 

sentiers