Jeudi 27 Juillet 2017

Carticasi    -    33 habitants                  www.carticasi.fr

 

 

Du haut de son oppidum préhistorique de A Cima, le village est un superbe belvédère qui domine toutes les vallées de la pieve des Vallerustie.

Ce nid d’aigle était autrefois le terminus d’une interminable route qui remonte la profonde vallée de la rivière Casaluna.

Malgré l’écrin de montagnes, la vue, par temps clair, peut porter jusqu’à la mer (vers la Balagne).

C'est de Carticasi que San Petrone (appelé autrefois Monte Nicegnu) présente son bel aspect tabulaire qu’on ne peut contempler, aussi pur, qu’en haute mer.

 

Oppidum A Cima

Malgré l’occupation continue, durant des millénaires, de ce palimpseste (pour emprunter une expression de François de Lanfranchi), la plate-forme sommitale aménagée, et quelques restes cyclopéens ont été épargnés. Ses pentes étaient parsemées de mobilier lithique et céramique.

opidium


Capella San Stefanu

Lieu-dit Aghja Curtinca. Geneviève Moracchini-Mazel a déterminé que les pierres les plus anciennes sont de même type que celles de la cathédrale de San Petruculu d’Accia (Quercitellu) qui date de l’an 596.

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A Casaccia

 Ce terrain "sacré" (campu riservatu, & campu santu, en langue corse), est situé à proximité de l’ancienne église Santa Maria détruite. Ce toponyme qui évoque un ancien monastère ou prieuré bénédictin (casaccia / abbadia), renforce l’hypothèse de la même haute époque grégorienne (Saint Grégoire 1er), avancée par G. Moracchini-Mazel, pour San Stefanu.

Outre le mobilier céramique de toutes époques, A Casaccia (jardin cultivé) a livré en grand nombre du mobilier lithique (haches, fusaïoles, molettes, percutoirs, pointe de flèche), confirmant l’anciennet" et la pérennité de l’occupation du site.

 

E Schippiate

Rocher gravé en limite avec la commune de Bustanicu (Bustanico). Situé dans la haute vallée de A Ghjuvannina, il se trouve en bordure de la route D15 qui, par le col de Chjatru, relie Carticasi à Bustanicu. Le nom du site (E Schippiate = Les Ecritures ou Les Ecrites) est une exceptionnelle survivance locale du corse médiéval et du toscan médiéval. Au pied du rocher, il y avait un abri sous roche (aujourd’hui presque entièrement détruit par le tracé de la route). Dans les années soixante-dix, éventré par le bulldozer qui avait pratiqué une véritable coupe stratigraphique, le sol, en profondeur, laissait voir un foyer appareillé. Les schippiate (les écritures) ont été, elles aussi, fortement dégradées au cours des deux dernières décennies. Sur ce site exceptionnel d'art rupestre, très aisé d’accès (bordure de la route), il est recommandé de ne pas marcher sur le rocher.

Loin de là, d’autres rochers gravés existent sur la commune, mais nichés au cœur du maquis. Une conservatrice exemplaire du patrimoine :

Les Schippiate étaient encore intactes, il y a quelques décennies, parce que, sur ce rocher, veillait sa propriétaire, Paghjuva Bariani (famille de Didier Bariani).

Précision utile pour ceux qui veulent admirer les gravures rupestres : la maison de Paghjuva (a Casa di e Schippiate, prononciation comme «a gaza dié skipiadai») figure, sur les cartes, avec l’appellation déformée «casa scribbiata».

 

Capella San Cervone, chapelle en ruine, non datée, à 1444 m d'altitude.

Elle se situe non pas sur le point culminant de la montagne (A punta, 1451 m, sommet réel qui n'est pas visible de Carticasi), mais plus bas (1434 m), en limite des communes de Carticasi et de Rusiu. Ce site (qui est le vrai lieu-dit San Cervone, c'est-à-dire les ruines de la chapelle) est le point le plus élevé de la commune de Carticasi vers l'Ouest, et constitue le sommet apparent de la montagne, telle que celle-ci est visible précisément de Carticasi. Il est manifeste que le lieu (San Cervone, succédant à un sanctuaire païen), a été choisi en référence à l'oppidum de Carticasi. Pour les randonneurs, le site de la Capella San Cervone est le plus joli point de vue sur Carticasi, les Vallerustie et le San Petrone.

 

Arcudil’Ursini.

Tel que le mégalithe est situé et aménagé, on constate que le soleil ne peut pénétrer sous l’Arcu qu’à la période du solstice d’été (hémisphère nord). Mais ceci n’est pas le plus étonnant...

Pendant trois jours (de la veille au lendemain du solstice), le soleil levant y produit un spectacle saisissant.

Le premier rayon, dûment ciselé par les lieux et l’aménagement des pierres, frappe la dalle horizontale (située sous l’Arcu) sous forme d’une fine ligne lumineuse qui épouse l’alignement des entailles. Il en résulte, pendant quelques minutes, une impressionnante flèche lumineuse qui pointe, sur la crête montagneuse (A Serra d'Accia), le lieu où le soleil est en train de se lever. Les relevés en cours, sur cette direction précise, rapportés aux variations de l'inclinaison de l'écliptique, pourraient permettre de dater le site ou les entailles.

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