Jeudi 27 Juillet 2017

Valle-di-Rostinu  - 121 habitants      valledirostino.com

 

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Le village de Valle se situe à l'ouest du hameau de Grate, à environ 500 m d'altitude.

Terlaia (Terlaja) se situe entre les trois autres lieux habités, au sud de Valle, au nord de Casa Pitti et au sud-ouest de Grate.
Il s'est développé le long d'une arête rocheuse et est desservi par la sinueuse route D615.

Casa Pitti Hameau méridional de la commune, U paisolu di Casa Pitti est situé à une altitude moyenne de 660 m sur le flanc d'un petit cirque montagneux culminant à 893 m.

Grate est un hameau aux habitations alignées sur une crête de 600, qui domine le village de Valle.


Un peu plus bas au nord de Grate sont les ruines de San Silvestru, un ancien village, dont l'actuelle chapelle du hameau porte encore le nom.

Si chaque hameau possède sa chapelle, il existe l'église paroissiale Saint Michel, édifice restauré, bâti à partir du XVIIe siècle sur l'emplacement d'un ancien oratoire au cœur de la commune.

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Source : http://www.villages-de-corse.com/fr


Avec le site de Santa Maria di Riscamone, Valle-di-Rostino présente les traces indéniables de son occupation dans l'Antiquité.


Le col de Riscamone (Bocca di Riscamone) était traversé par une voie romaine reliant le centre de la Corse à l’Est, via I Capiagi, Funtana a Pedani, Nova a i Piani, A Margherita, Cerna, Suale, San Cisario, A Brocca, Santa Liberata et Morosaglia (dont le tracé a été quasiment emprunté par la Strada Paolina qui est devenue l’actuelle route de Ponte-Leccia à Serna).
Des fouilles ont permis de mettre au jour les vestiges d'habitations antiques à Santa Maria et des chapelles pré-romanes furent établies à San Cisariu (au-dessus de Casa-Pitti) et San Silvestru (au-dessous de Grate).

Le village de Riscamone était implanté sur un ancien bourg romain.La création de Valle-di-Rostino se situerait dans le troisième quart du XVI ème siècle.

Les différents hameaux se seraient développés à cette époque, à la suite de l’émigration des habitants du village aujourd'hui disparu de Riscamone.


Les raisons de l’abandon du site de Riscamone sont diverses : on l'attribue aux attaques répétées des troupes armées présentes dans la région entre 1550 et 1560 car on sait que vers 1554, le village fut incendié par les troupes de Charles Quint appelées en Corse par les Génois pour faire face à Sampiero Corso et à ses alliés franco-ottomans ; on invoque aussi une invasion de fourmis rouges, le tarissement des sources par les Génois et les exactions des bandits.


Toujours est-il que l’exode des habitants vers l’autre côté de Santa-Maria donna naissance à un nouveau village nommé Valle (1582), Rescamone-di-Rostino (1621), Valle-di-Rescamone (1625-1686), Pieve-di-Rescamone (1684), Valle à nouveau (1690), Risciamone (1713-1735) et enfin Valle-di-Rostino en 1790.

 

 

L’église romane Santa Maria di Riscamone :

Comme la plupart des édifices de cette période, est isolée dans la campagne à quelques kilomètres du village de Valle di Rostino. Ce site est important pour améliorer la connaissance très insuffisante que nous avons des premiers siècles du christianisme en Corse. Actuellement, on peut y voir les ruines évocatrices de deux édifices accolés, une église et un original baptistère monumental, malheureusement quelque peu malmenés par un glissement de terrain.

Plusieurs campagnes de fouilles – la première en 1956, par G. Moracchini – ont intéressé ce site, occupé depuis l’Antiquité romaine. La dernière campagne, menée par P. Pergola, a fait apparaître les restes d’une deuxième structure à abside, parallèle à l’église romane qui recouvre elle-même un premier édifice paléochrétien, daté du VIe siècle.

Dans le bâtiment à abside mitoyen de l’église, on peut voir désormais les vestiges d’une cuve baptismale cruciforme : le complexe primitif comportait apparemment deux édifices à abside contigüs, une église et un baptistère. Des siècles plus tard, on construisit l’église et le baptistère actuels.

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En 1565, l’église figure encore parmi les bénéfices du diocèse d’Accia, elle est nommée Santa Maria et Santo Ioanni Battista. Mais déjà en 1646, Mgr Marliani rapporte que, compte tenu de l’isolement de la pieve, les fonctions paroissiales se font désormais dans un oratoire. En 1760 enfin, le curé de Valle n’a plus obligation d’officier dans « la chiesa Sta Maria, matrice di tutta la pieve » qu’en trois occasions où on doit honorer la Vierge : pour la Nativité, la Purification et l’Assomption. L’abandon fut définitif au XIXe siècle, et les monuments servirent dès lors de carrière : le linteau triangulaire de la façade de Santa Maria fut ainsi arraché et réutilisé dans l’église paroissiale de Valle.

 Dès l’origine, à l’époque du pape Grégoire le Grand, préoccupé à la fin du VIe siècle par le recul de la christianisation dans l’île après les invasions barbares, le site de Santa Maria a dû être conçu pour recevoir un complexe baptismal reproduisant en miniature à l’intérieur des terres les fonctions du complexe épiscopal du diocèse, situé à Mariana. On a en tout cas ici un des rares exemples en Corse de reconstruction volontaire, au moyen âge, d’une église plus moderne sur un site paléochrétien, une manière d’affirmer symboliquement que le programme pisan s’inscrivait dans une tradition.

egliseSource : http://corse-romane.eu/

 

L’histoire de l’église romane elle-même est complexe, comme l’indiquent les traces de réfection : ainsi, l’abside serait la partie la plus ancienne, datable sans doute du Xe ou du XIe siècle par son élégant décor d’arcs (en partie restaurés, comme la couverture en teghie) reposant une fois sur deux sur un fin pilastre, alors que la façade aurait été reconstruite au XIIe siècle, au moment où était édifié le grand baptistère octogonal, dont on voit au premier coup d’oeil que son parement est beaucoup plus élaboré que celui des murs de l’église.

 Ce bâtiment octogonal de 11 m de diamètre est le plus important de Corse qui soit encore partiellement en élévation. On ne connaît actuellement qu’un autre baptistère de ce type, mais plus petit, au col de Tenda à 1200 m d’altitude, au-dessus de Pietralba. Il reste ici six pans de murs, à l’origine très bien appareillés, mais on voit bien que les belles dalles ont été arrachées pour être récupérées. On a une idée de la structure de cet édifice peu commun par les dessins exécutés en 1771 par un officier de passage, le major Kerenveyer : il faut imaginer au centre de l’octogone un tour élancée de forme pyramidale, de 27 pieds de haut, qui dépassait du toit en pente s’appuyant sur les murs latéraux, eux-mêmes percés de fenêtres meurtrières et couronnés par une corniche à arcatures dont il reste quelques éléments en place. Le baptistère était percé de deux portes, à la manière des églises, surmontées d’un arc de décharge et d’un tympan semi-circulaire. Il en reste un à terre, très maladroitement sculpté et amusant comme un dessin d’enfant : on y reconnaît le thème d’Adam et Eve, de part et d’autre de l’arbre du Paradis, au moment de la Tentation par le serpent du Mal.

Ce tympan, qui semble plus ancien que le baptistère, est peut-être contemporain de l’église ; on pourra faire une comparaison stylistique édifiante avec celui de San Quilico de Cambia qui reproduit le même motif.

 

http://www.valledirostino.com/